Mon potager au CAUE

Votre potager vous attend

Après les mois d’hiver en sommeil, le potager partagé situé dans la cour du CAUE, est de nouveau accessible et ouvert aux jardiniers du quartier ou de passage. A partir du 15 mai, venez, un par un, en respectant les gestes barrières, pour planter, entretenir, arroser puis cueillir légumes et aromates. Le potager partagé du CAUE de la Sarthe est accessible à tous. Il est cultivé collectivement par les habitants du quartier et prend tout son sens dans le partage.

Inspiré de la permaculture, ce jardin expérimental a été créé en 2015 pour permettre d’échanger sur la mise en place de jardins potagers en ville, en tenant compte des contraintes de site et notamment de la possibilité de cultiver sur des sols imperméables. D’abord potager sur bottes de paille, cet espace de culture se transforme progressivement en système de permaculture constitué de couches successives de lasagnes afin de créer un sol vivant. Nous y privilégions la diversité des essences (tomates, artichaut, courgette, chou, salade, aromatiques, pommes de terre, potimarron…), les variétés anciennes et des espèces en association bénéfiques et protectrices. Alors cet été, passez au jardin.

Mon potager en lasagnes

Conseils pour mon potager vivant

1. Pourquoi un sol vivant ?

Un sol vivant permet à vos végétaux de pousser dans les meilleures conditions. La productivité d’un potager dépend avant tout de la qualité de son sol. Cette qualité est essentiellement déterminée par sa teneur en matière organique qui stocke à la fois les nutriments et l’humidité nécessaires aux plantes et aux organismes qui vivent dans le sol. Ces micro et macro organismes sont indispensables au potager car ce sont eux qui créent et entretiennent le sol à partir de la matière organique (débris végétaux et animaux) et la matière minérale (sable, argile, calcaire, etc.). Tandis que la matière minérale est déjà présente dans le sol, la matière organique y est apportée sous forme de déchets et de décomposition d’organismes vivants.

2. Comment obtenir un sol vivant ?

Il faut préserver la matière organique du sol. Pour cela, deux opérations sont nécessaires :
.Ajouter régulièrement plus de matière organique (compost, feuilles, tonte, fumier, etc.) au pied de vos plantations. En se décomposant, cette matière nourrit tous les organismes qui vivent dans le sol et du sol (vos plantes).
. Ne jamais laisser la terre à nu : pailler les plantations. En plus de protéger le sol et ses habitants de la pluie, du vent et du soleil, en se décomposant, le paillage apporte des nutriments au sol.

Si vous avez un sol très pauvre en matière organique ou que vous n’avez pas de sol du tout (cour, terrasse, balcon), vous pouvez opter pour la lasagne – une technique de création de sol. Plus d’informations dans notre vidéo « Mon potager en lasagnes ».

1. Quels végétaux choisir ?

Tous les fruits et légumes sont les bienvenus au potager ; plus il y a de diversité, mieux c’est. Certaines associations de plantes peuvent être plus avantageuses, nous y viendrons prochainement.
En plus des fruits et légumes, n’oubliez pas les fleurs comestibles ! Souci, capucine, coquelicot, pissenlit, géranium, œillet des jardins, primevère, phlox, etc. se marient très bien avec vos plantes potagères et attirent encore plus de pollinisateurs – essentiels pour obtenir vos fruits et légumes.

2. Que planter en ce mois d’août ?

Carotte et chou blanc ? Cresson et radis ? Salade et épinard ? Salade et oignon ?
Pour tout savoir sur les semis du mois d’août et les meilleures associations ici

1. Comment arroser mon potager ?

Tout d’abord, pour limiter le besoin d’arrosage de votre potager, il est conseillé d’augmenter la couche de paillage qui couvre son sol – plus elle est épaisse, moins l’humidité s’évapore.
La teneur en matière organique est aussi très importante pour la rétention d’eau. La pluviométrie étant assez favorable aux jardiniers sarthois, sous condition d’un sol bien constitué et couvert, vous pouvez limiter l’arrosage de votre potager à une fois par semaine.

2. Chaleur, vie microbienne, pluie,… Pourquoi pailler ?

Indispensable au potager, le paillage a une multitude de vertus. Il remplace la couverture du sol présente en milieu naturel, comme la couche de feuilles mortes en forêt par exemple. Il s’agit d’une strate de matière organique avec laquelle on couvre la surface du sol dans le but de :

  • maintenir l’humidité du sol
  • ralentir la pousse d’autres herbes
  • enrichir le sol par sa décomposition
  • favoriser la vie microbienne du sol
  • éviter le tassement de la terre sous l’effet de la pluie
  • amortir les variations de température / protéger le sol du gel

Types de paillage à privilégier : organiques

  • paille de lin / miscanthus / blé / chanvre / etc.
  • feuilles mortes
  • tonte séchée
  • copeaux de bois (très riches en carbone, ajouter tonte fraiche / compost en dessous)

Types de paillage à éviter :

  • minéraux (billes d’argile / ardoise pillée / débris de poterie / tuiles / roche volcanique / etc.) : réchauffent le sol, ne se décomposent pas
  • bâche plastique : prive le sol et donc les plantes de nutriments, tassement du sol
  • écorces de pin : acidifient le sol

Attention : La décomposition du paillage consomme beaucoup d’azote ce qui peut générer un jaunissement du feuillage de vos plantes, aussi appelé « soif d’azote ». Pour remédier à cela, vous pouvez ajouter du compost / tonte fraîche en dessous du paillage ou arroser vos plantations de purin (d’ortie par exemple), très riche an azote.

3. Comment faire son purin d’ortie ?

Le purin d’ortie est une macération dont l’ingrédient principal, l’ortie, pousse toute l’année et de façon spontanée dans les sols très riches en nutriments. Ce purin est communément utilisé comme engrais pour le développement de la végétation et le renforcement des défenses naturelles des plantes. En tant qu’engrais, le purin d’ortie est utilisé au printemps, au moment de la croissance des feuilles et tiges des plantes. Il faut éviter de l’utiliser pendant la période de floraison car il favorise la croissance de la plante au détriment des fleurs et fruits. Il peut également servir d’insecticide et de fongicide et, à l’état pur, comme désherbant. Pour ces usages, le purin d’ortie peut être pulvérisé au besoin, à tout moment.

Notre recette

  1. Remplir un récipient (qui n’est pas en métal) d’orties fraîches et compléter avec de l’eau (de pluie de préférence). Compter environ 1 kg pour 10 litres
  2. Couvrir et laisser macérer pendant 1 à 2 semaines en remuant tous les jours
  3. Quand la macération n’émet plus de bulles, la filtrer pour enlever les débris d’ortie
  4. Utiliser diluée à 5% pour pulvériser (insecticide, fongicide) et à 10% pour arroser au pied des plantes (engrais)
  5. Conserver dans un récipient fermé hermétiquement ; se conserve une année

Attention

. les légumes-fruits (tomate, courgette, courge, etc.) sont très friands de purin d’ortie tandis que les légumes-racines (carotte, pomme de terre, etc.) préfèrent le purin de consoude
. les légumineuses (haricots, fèves, pois, etc.) n’ont pas besoin de cet engrais azoté car elles captent l’azote atmosphérique
. ne pas utiliser plus d’un litre de purin par m2 de culture, l’excès d’azote risque d’attirer les parasites
. ne pas utiliser sur un sol desséché

1. Comment éviter les maladies ?

Idéalement, la biodiversité crée un équilibre entre proies et prédateurs ; entre animaux, végétaux et champignons. La diversité des espèces fait qu’il y a peu d’« excès de prédation ». De plus, la plante qui pousse spontanément à un endroit est probablement la plus adaptée à ce milieu. Elle pousse dans un sol et sous le climat qui lui convient, ce qui lui donne toutes ses forces pour combattre ses prédateurs.

Dans nos jardins et potagers, nous apportons souvent des plantes d’autres milieux. Toutes les conditions de leur milieu d’origine n’étant pas réunies, ces végétaux, alors plus fragiles, deviennent sensibles aux prédateurs.
Cette sensibilité peut être partiellement compensée par l’amélioration de la structure du sol. La majorité des végétaux pousse mieux dans un sol vivant, aéré et riche en matière organique.
La diversité des végétaux est tout aussi importante afin de recréer un équilibre en évitant d’attirer trop de prédateurs du même type.

Enfin, certaines maladies sont évitables car les circonstances dans lesquelles elles apparaissent sont connues et peuvent être anticipées. Voici quelques exemples d’actions préventives.

2. Comment éviter le mildiou et l’oïdium ?

Le mildiou (vigne, tomate, rosier, pomme de terres, etc.) / L’oïdium (courges, courgettes, melon, concombre) : n’arroser que le pied des plants, jamais les feuilles. L’humidité qui stagne sur les feuilles, surtout par temps chaud, est très favorable au développement de ce champignon.

3. Comment éviter les pucerons ?

(surtout fruitiers, chou et cerfeuil) :

– planter des végétaux qui les repoussent à proximité : absinthe, thym, ail, menthe, lavande, œillet d’Inde, etc.
– accueillir leurs prédateurs : coccinelle, guêpe parasite, syrphe.
Savez-vous par exemple que la coccinelle se nourrit
essentiellement de pucerons. Elle peut en manger jusqu’à 100 par jour, sa larve jusqu’à 150 ! Si votre jardin est déserté par cette alliée du jardinier, vous pouvez la réintroduire en achetant des larves (en jardinerie) et en leur offrant un hôtel à insectes pour passer l’hiver.

4. Comment éviter les limaces ?

(courge, melon, concombre, potiron, salade, chou, etc.) : préférer le paillis sec en dessous duquel vit leur plus grand prédateur : le carabe ; entretenir une terre grumeleuse, non compacte ; ne pas planter près de sources d’eau ; planter des soucis à côté des plants, leur odeur repousse les limaces.

5. Comment éviter la piéride du chou ?

(tous les choux) : protéger les plantations d’un filet ; éviter la proximité entre choux et capucines qui attirent la piéride ; planter tomates, céleri, menthe, romarin, thym, absinthe, sauge, verveine, etc. pour éloigner le papillon ; appliquer du purin de tomate / genêt / tanaisie / ortie sur les plants de choux.

6. Comment éviter le doryphore ?

(pomme de terre, tomate, aubergine, etc.) : pratiquer la rotation des cultures ; planter des végétaux répulsifs de l’insecte comme le chanvre, les haricots, l’ail ou le ricin ; pulvériser du purin de raifort / ortie / tanaisie sur vos plants.

7. Quelles plantes pour repousser les ravageurs ?

N’hésitez pas à utiliser les plantes aromatiques. Elles repoussent naturellement un grand nombre de ravageurs. Leur forte odeur détourne ces insectes de leur « hôte ». En font partie : l’absinthe, l’ail, l’aneth, l’anis, l’anthémis, l’armoise, le basilic, le cerfeuil, la ciboulette, la citronnelle, la coriandre, l’estragon, l’hysope, la lavande, la livèche, la marjolaine, la mélisse, la menthe, l’origan, le persil, le raifort, le romarin, la sarriette, la sauge, la tanaisie, le thym. La capucine, l’œillet d’Inde et le souci, elles, au contraire, attirent les ravageurs, ce qui s’avère également très utile pour détourner ces derniers des autres plantes cultivées.

Ressources documentaires

Retrouver l’ensemble de nos ouvrages sur le jardinage écologique
sur notre portail documentaire ici  

Venir au potager partagé

CAUE de la Sarthe
1 rue de la Mariette, 72000 Le Mans.

 LE RESPECT DES CONSIGNES SANITAIRES

Un par un
L’accès au jardin est limité à une personne à la fois

Désinfection des mains avant et après arrosage
Si vous souhaitez arroser, nous vous demandons de vous munir de votre propre gel hydroalcoolique afin de vous désinfecter les mains avant et après l’usage du robinet, de la citerne et de l’arrosoir, situés dans la cour.

Aucun outil de jardinage n’est fourni
.
Vous devez vous munir de votre propre matériel pour planter et récolter.

Edition 2020,
en partenariat avec les jardins de Vaujoubert

Cette année, les plants du potager partagé du CAUE proviennent des jardins de Vaujoubert.
Installé sur 5 hectares de terre, dans le quartier de l’université du Mans sur la commune de Rouillon, les jardins de Vaujoubert cultivent et proposent à la vente des paniers de légumes biologiques ainsi que des plants. Les jardins de Vaujoubert sont aussi un chantier d’insertion qui rassemble 20 salariés jardiniers. En savoir plus  ici 

Liens utiles

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